La population française vieillit, c’est un fait. Au 1er janvier 2015, d’après l’INSEE, 18,4% des français étaient âgés de plus de 65 ans.

population vieillissanteCe chiffre est en hausse de 3,5 points en 20 ans. Cette tendance devrait s’accélérer au cours des prochaines années avec le vieillissement des générations du Baby-boom.

L’INSEE estime en effet qu’en 2035 un peu moins d’un français sur trois aura plus de 60 ans. Des chiffres vertigineux qui soulèvent de nombreuses inquiétudes quant à l’avenir économique du pays.

Faut-il pour autant céder au pessimisme ?

Vieillissement de la population et retraite, un problème complexe

Si l’âge de la retraite est aujourd’hui situé entre 60 et 62 ans, il devrait augmenter dans les 20 prochaines années. Il faut ainsi s’attendre à des réformes gouvernementales en lien avec l’espérance de vie mais pas seulement. Les français sont en effet de plus en plus nombreux à choisir de cumuler activité professionnelle et pension de retraite.

Il faut donc pondérer tout calcul économique en prenant en compte la part des plus de 60 ans qui fera toujours partie de la population active. A titre indicatif, les retraités étaient 13,8% à avoir choisi de continuer à travailler en 2012. Combien seront-ils en 2020, en 2030 ?
Plus leur part dans la population active sera forte, et plus l’économie en profitera.

On le perçoit, l’enjeu majeur est d’adapter les conditions de travail aux séniors. En effet, il apparait essentiel de permettre à ces séniors qui le souhaitent d’accéder à l’emploi. Ceci passe par diverses mesures mises en place par l’Etat, telles que le contrat de génération, mais pas uniquement. Pour conserver leur productivité face au manque de main d’œuvre, les entreprises devront s’adapter.

Les postes de travail eux-mêmes devront être pensés pour la condition physique des séniors. Il s’agira par exemple d’équiper les industries de robots collaboratifs pour porter les charges lourdes, d’adapter le mobilier ou encore les plans de circulation.

Une vraie « cohabitation » entre générations est nécessaire.

Les seniors : un secteur économique à part entière, la silver-économie

Il ne faut pas envisager l’accroissement de la part des séniors dans la population comme un frein, mais considérer l’accompagnement des retraités en tant que facteur économique. Il existe toute une catégorie de services aux personnes âgées amenés à se développer et générer des emplois.
A cet effet, le gouvernement étudie depuis septembre 2014 le « projet de loi relatif à l’adaptation de la société au vieillissement ».

Son objectif est de favoriser l’accompagnement des retraités, à la fois dans le maintien de l’autonomie et dans le développement des structures d’aide.

Le gouvernement cible ainsi les services mais tous les secteurs économiques seront potentiellement influencés par le vieillissement de la population. En effet, d’après le rapport de l’INSEE sur la structure des dépenses selon l’âge, le budget des plus de 65 ans est considérablement différent de celui des actifs. Les dépenses suivantes sont plus élevées :

  • Logement, eau, électricité et gaz : 18,1% contre 14,1% pour les 45-64 ans ;
  • Santé : 2,4% contre 1,6% ;
  • Produits alimentaires : 20,1% contre 17,2%.

Inversement, les personnes âgées accordent moins d’importance aux postes suivants :

  • Vêtements et chaussures : 3% contre 5% pour les 45-64 ans ;
  • Enseignement : à peine 0,1% contre 1% ;
  • Restauration et hôtels : 4,1% contre 6,6%.

L’économie française devra donc s’adapter au vieillissement de la population, et proposer des produits et des services cohérents face aux attentes des séniors. L’émergence de cette nouvelle économie porte un nom : la silver-économie.

Le pourcentage d’actifs est appelé à diminuer et cela se ressentira probablement sur la croissance. Cependant, il ne s’agit pas d’une « crise de la vieillesse » soudaine mais d’un phénomène progressif dont nous mesurons encore mal les conséquences. Il convient donc de s’y préparer dans la mesure du possible sans céder au fatalisme et de saisir cette transformation profonde de notre démographie comme une opportunité.